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Hex-Mex | Bloguez.com

Run outta here - Barrez-vous d'ici !

 

Les vacances de Noël approchaient, et à l’école, chez les élèves comme chez les profs, on déteste cette période entre la toussaint et Noël, car elle est longue, et le changement de saison n’arrange rien. On m’a cent fois demandé « Are you looking forward to it ? » en parlant des vacances que j’aurais le Bonheur de passer. Mais en fait, non, je n’attendais pas vraiment avec impatience, je n’attendais simplement pas ; je vivais dans l’instant, pour moi et mes passions, et je prenais le temps d’aller lentement.
A une soirée dans un pub (une soirée « guitare acoustique » si vous voulez tout savoir), un type s’est présenté au trio que nous formions (Ale, Mathilde et moi-même) et a engagé la discussion. Tan était interne au service de réa de l’hôpital de Hull et aussi urgentiste, cela dépendait des besoins. Il était passablement saoul, et la seule chose dont il était certain était que Hull était une ville malfaisante, une prison dont on ne peut pas s’échapper, un piège à loups tendu sur la population. Nous lui avons bien fait part de notre surprise, mais il affirmait qu’il suffisait de connaître les « bonnes » personnes pour être pris dans la nasse. C’est à lui que l’on doit la phrase « Run away from this city ! », qui nous a bien fait rire. Hull est réputée être la ville où l’on vit le moins bien en Angleterre. Je ne nierai pas que ce n’est pas ma ville favorite, mais il faut noter que tout de même, il est possible d’y vivre assez correctement, en dépit de la pauvreté des activités que l’on peut y pratiquer.
Le retour était long et éprouvant, et je ne me sentais pas très bien ce jour-là (une vilaine maladie maligne, qui a démontré sa toute-puissance sur moi les jours suivants, et qui s’est calmée peu après Noël), et le lever à six heures n’a rien arrangé. Prendre l’avion n’est jamais une partie de plaisir, car un aéroport est un labyrinthe jonché de panneaux qu’il faut bien suivre, tout en n’oubliant pas de triompher des quelques épreuves proposées par un Dédale parano.
Enfin arrivé à bon port, tout commença avec des retrouvailles émues avec ma mère et mon petit frère. Je parlais plus avec lui que pendant mes études, grâce à la Toile, et il nous est arrivé de passer trois mois sans se voir et en se parlant peu au téléphone. Mais là, d’un aveu commun, nous nous étions manqués plus qu’à l’accoutumée.
Je ne me suis pas senti étranger ni « ultra-franchouillard ». Si, j’ai frémi plusieurs fois en voyant les gens conduire du  « mauvais côté », et croyez-moi, quand vous êtes dans une voiture, ça fait très bizarre. J’ai observé de légers changements, mais l’ambiance était la même. Même paumé dans une foule, je m’en sortais. J’ai vécu une avalanche de questions souvent teintées de clichés, et j’avoue avoir été très fatigué d’y répondre… Après une petite semaine en famille, je me suis offert une semaine en Savoie avec des amis. J’ai cru revivre. Il était très dur de se soustraire à l’appel d’un bon éclat de rire, et j’ai compris ce qui me manquait tant là-bas. Il me manque les amis d’ici, auxquels je suis trop attaché.

Je suis obligé de laisser une liste de ceux que j’aurais vraiment aimé voir : Guillaume (Le taré de dessin), Guillaume (L’ironique), Elodie, Erwan, Isabelle, Marylise, Vincent, Charlène, William, Gaétan, Mathilde, Mathias, Michaël (l’ami d’enfance), Michaël (Le Kwak), Uriel, Natacha…
Et d’autres.


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17:09 - 16/1/2008 - Commentaires (0) - Poster un commentaire


Mr Ganfornina's Son - Le fils de M. Ganfornina

 

Il m'est arrivé bon nombre de choses depuis la dernière fois que j'ai raconté les fragments de ma vie ici. Ce chapitre est juste consacré à des anecdotes diverses, des anecdotes dans les écoles en particulier. D'aucuns savent déjà ce qui m'est arrivé, tant pis pour eux, sautez un chapitre les amis !

Kelvinhall

Que dire à propos d'une école sans problèmes ? Que tous les élèves habitent dans mon quartier et que je les croise à chaque occasion?


Sidney Smith

Je vais dans cette école le mardi matin, j'y passe deux heures avec des équivalents de troisième (14 ans en général) puis, comme cette école est bien loin de mes pénates, je travaille, lis ou traduis dans la salle des profs. Les bibliothécaires sont des inconditionnelles, leur bureau étant stationné là. En général on discute pas mal. Mais quand je travaille, le rire caquetant de l'une d'elles (qui veut écrire mais ne le fait pas) m'exaspère. C'est le genre de rire vulgaire, qui résonne comme la voix rauque d'une pintade. Je ne vous fais pas de dessin, je pense que vous aurez compris que c'est un bonheur quand elle part ranger quelque chose à la bibliothèque. Cela dit elle est sympa.


Pickering

Là, j'ai fait la connaissance du chef du département des langues, Mr Antonio Ganfornina. Nous discutions paisiblement lorsqu'une élève est venue demander au professeur qui j'étais (ô suprême indélicatesse !) alors même que nous conversions, français et espagnol mêlés. Le professeur l'a gentiment rabrouée une ou deux fois mais alors que la turbulente revenait à la charge, il s'est écrié « But can't you see he's my son !? » (Mais tu vois pas que c'est mon fils?!) Je suis donc devenu le fils d'un espagnol, très étrange à mon goût, ça ressemble trop à un 'père d'adoption'. La rumeur s'est répandue dans tout le collège, et maintenant j'ai l'air fin... toujours à démentir ma paternité supposée...


St Mary's College

Ca c'est mon lycée. Agréable d'avoir un jour tel que le jeudi : j'ai des plus grands le matin aux plus petits l'après midi. Et le matin, c'est St Mary's ou j'enseigne toutes sortes de choses sérieuses aux terminales... Auriez-vous imaginé que je fasse des recherches sur le LSD pour expliquer ce que c'est à des élèves? Moi non plus. L'anecdote de l'établissement, c'est un retard chronique que j'avais. Sur mon emploi du temps donné par ma mentor de Kelvinhall était mentionné St Mary's : 9.30-11.30. Fort bien ! Une fois, je suis arrivé vraiment en retard – dix minutes, pour tout dire. Et la prof me dit 'T'es vraiment en retard Mathieu !', ce à quoi je réponds 'En effet, dix minutes, excuse-moi Anna...' Et elle m'explique que le cours commence à 9h15 ! Ouh là ! J'étais rouge de honte, mais en même temps, je ne pouvais pas savoir... (Rétrospectivement, je me suis fait la remarque que même quand j'arrivais en avance, les élèves étaient déjà assis...)


Appleton Primary School

Une école primaire, c'est sacrément bordélique ! Plusieurs fois je n'ai pas eu cours ! Les gamins sont fascinés par la langue, c'est complètement fou... Je leur ai lu une petite histoire en français (la chenille qui fait des trous, c'est un livre pour enfants célèbre en Angleterre) et ils étaient comme hypnotisés, ils posent des tas de questions, pas comme les collégiens un peu mous... Après que je leur ai lu l'histoire, ils m'ont applaudi. Applaudi comme personne. C'était presque plus que le théâtre, parce que l'histoire, personne ne m'avait aidé à la mettre en scène ni à la canaliser par ma voix, j'étais seul, vous imaginez? Un one-man-show de 10 minutes devant des gamins de sept ans... C'est la plus belle récompense que mes écoliers m'aient donné : des applaudissements et des sourires.


Sir Henry Cooper

On me dit toujours « Oh, Henry Cooper, ça doit être sacrément dur. » Bah non. La même chose est proférée sur la qualité de Sydney Smith, mais là encore, c'est une erreur. Ma bête noire est Pickering, où les élèves se soucient peu de réussir, bien que le collège ait une excellente réputation, usurpée je pense. Le vendredi est synonyme d'extrême Nord, autant que le mardi est synonyme d'Ouest. Une demi heure de vélo, et je suis à l'école. Avec une prof qui est aussi sûre de son français que moi de mon espagnol, c'est à dire qu'elle est bonne mais qu'elle fait des tonnes de fautes. Elle est en formation, donc je l'aide parfois (c'est amusant de prendre les mêmes questions que je pose aux élèves et de les pousser à l'extrême) à pratiquer l'oral. Nous avons ensemble une classe très sympa, où les élèves sont responsables ; on peut laisser portefeuilles et affaires dans la salle, rien ne leur arrivera. La récré voit les élèves s'activer à faire du thé pour tout un chacun, et c'est chacun son tour pour la vaisselle. Extra.


Newland School for Girls

Bah ouais, j'ai un collège de filles (public, qui l'eût cru !) dans lequel j'ai une petite classe. Et, comme le mardi, si je fais les trajets complets, je reste 10 minutes à la maison avant de repartir. Donc je préfère mon habituel sandwich et ce qui va avec, salle des profs et tutti quanti. Un jour d'octobre, je dessinais un arbre dans la cour de l'école, par pur intérêt pour mon crayon et mon papier, et tout le monde me demandait qui j'étais. Chaque adulte qui passait devant moi n'y manquait pas... et quand j'ai demandé au professeur qui m'a en charge, il m'a simplement répondu qu'un pédophile avait sévi dans les environs ! Craignos ! Et que comme j'avais oublié de prendre mon badge de visiteur, en vigueur dans cette école, je pouvais être n'importe qui... (remarque d'Isabelle : un pédophile a-t-il un quelconque intérêt à dessiner des arbres pour assouvir ses passions?) Et une dame de l'administration, plus positive, m'a dit que j'aurais pu également être le petit ami d'une des élèves, fait strictement interdit dans l'enceinte de l'école.


C'est l'heure de quitter ce chapitre et d'aller au suivant. Plus tard, donc !

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01:59 - 19/12/2007 - Commentaires (0) - Poster un commentaire


Of Eggs and Fireworks – Des Oeufs et des Feux d'Artifice

 

Je suis heureux, mais je ne sais pas comment le raconter. Parce que dire pourquoi je suis heureux m'est carrément impossible : c'est une somme de choses trop énorme pour tenir ici. Que dire alors? J'ai toujours l'impression d'y aller de mes gros sabots balourds, et de vous asséner des grosses vérités parfois marrantes et parfois évidentes... Les protagonistes d'aujourd'hui, Ale et Mathilde, sont aussi des assistantes. Ale, c'est Alejandra, une chilienne un peu fofolle qui ne sait pas faire du vélo. Mathilde, en bonne franchouillarde (et bretonne), est fan du Soldat Louis. Nous nous baladions en ville et soudain, nous passâmes près d'une église. Il y avait de la lumière, et des choeurs résonnaient (en effet c'était choir time...) ; nous sommes donc rentrés pour écouter les enfants de coeur et l'orgue résonner de concert. Et nous sommes tombés sur une vraie messe, avec sermon, blablabla et tout ce que vous pouvez imaginer. Et bon, on était rentrés en plein milieu de la cérémonie, sortir aurait été impoli et bruyant. De plus, y'avait quand même ces choeurs (le plus magnifique étant un choeur de Purcell – réellement magnifique, à en faire tomber les cerises des arbres). Mais vous ne devinerez jamais le thème de la messe... la mort et le souvenir des disparus, et le deuil. Ce voyage (et ce blog) se transforment dangereusement en psychothérapie... Et, à la fin de la messe, nous avons tous été invités à placer une bougie près de l'autel, brûlant de « la flamme sacrée », censée représenter une personne dont nous avons (ou pas) fait le deuil. Evidemment, je ne pouvais pas penser à quelqu'un d'autre qu'à mon père... et ce n'était donc pas dur de placer la bougie, et de l'abandonner là, tremblotante dans le silence. C'est réellement dramatique... Mais en dehors du discours judéo-chrétien qui m'attire toujours aussi peu, ce petit moment m'a reposé, calmé, et je me sentais plus en paix vis à vis de mes racines et du lieu « Angleterre ». Et puis nous sommes sortis et avons repris notre programme : aller voir les feux d'artifice de la « Bonfire Night », célébration d'un attentat avorté sur la personne du gouvernement britannique. Rien ne nous prédisposait à assister à un tel spectacle. Je m'attendais au feu d'artifice moyen du 14 juillet, mais ça n'avait rien à voir.

C'était féérique. Combien de fois j'ai cru voir le bouquet final? Six, sept peut être. Et c'est là, en pleine béatitude, que j'ai eu l'idée d'écrire ce chapitre. J'ai trouvé ce qui ne pouvait être dit. C'est trop petit et trop éphémère pour être attrapé, comme une étincelle de feu d'artifice. Ce sont de petits plaisirs, de petits instants de plénitude. Comment raconter un feu d'artifice? Comment raconter la féérie de chaque étincelle? Je ne le peux pas, je n'ai pas assez de délicatesse pour cela. Et nous en venons aux oeufs. Il y a quelque jours, je faisais une omelette aux pommes de terres frites, oh, que c'est franchouillard comme plat... et en me saisissant d'un oeuf, il m'a explosé dans la main. Trop fragile. Je ne suis pas assez délicat avec ma vie, j'essaie de la saisir dans ma main puis dans la poële de ce blog, pour enfin vous la servir. Mais je ne sais pas faire. Tous ces moments que je vous livre, ce ne sont que des étoiles de jaune d'oeuf répandues ici. Et qui sont censées représenter des feux d'artifice.


Après le feu d'artifice, Ale, Mathilde et moi sommes allés manger un Fish'n'Chips, sauf qu'Ale n'aime pas le poisson et Mathilde était plus séduite par le poulet. Puis nous sommes allés au pub pour continuer à discuter. C'est peu intéressant, banal pour vous peut-être mais pour moi, c'était un petit moment de bonheur.

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21:54 - 13/11/2007 - Commentaires (3) - Poster un commentaire


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Un voyage d'un an en Angleterre.

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