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Je
suis heureux, mais je ne sais pas comment le raconter. Parce que
dire pourquoi je suis heureux m'est carrément impossible :
c'est une somme de choses trop énorme pour tenir ici. Que dire
alors? J'ai toujours l'impression d'y aller de mes gros sabots
balourds, et de vous asséner des grosses vérités
parfois marrantes et parfois évidentes... Les protagonistes
d'aujourd'hui, Ale et Mathilde, sont aussi des assistantes. Ale,
c'est Alejandra, une chilienne un peu fofolle qui ne sait pas faire
du vélo. Mathilde, en bonne franchouillarde (et bretonne), est
fan du Soldat Louis. Nous nous baladions en ville et soudain, nous
passâmes près d'une église. Il y avait de la
lumière, et des choeurs résonnaient (en effet c'était
choir time...) ; nous sommes donc rentrés pour écouter
les enfants de coeur et l'orgue résonner de concert. Et nous
sommes tombés sur une vraie messe, avec sermon, blablabla et
tout ce que vous pouvez imaginer. Et bon, on était rentrés
en plein milieu de la cérémonie, sortir aurait été
impoli et bruyant. De plus, y'avait quand même ces choeurs (le
plus magnifique étant un choeur de Purcell réellement
magnifique, à en faire tomber les cerises des arbres). Mais
vous ne devinerez jamais le thème de la messe... la mort et le
souvenir des disparus, et le deuil. Ce voyage (et ce blog) se
transforment dangereusement en psychothérapie... Et, à
la fin de la messe, nous avons tous été invités
à placer une bougie près de l'autel, brûlant de
« la flamme sacrée », censée
représenter une personne dont nous avons (ou pas) fait le
deuil. Evidemment, je ne pouvais pas penser à quelqu'un
d'autre qu'à mon père... et ce n'était donc pas
dur de placer la bougie, et de l'abandonner là, tremblotante
dans le silence. C'est réellement dramatique... Mais en dehors
du discours judéo-chrétien qui m'attire toujours aussi
peu, ce petit moment m'a reposé, calmé, et je me
sentais plus en paix vis à vis de mes racines et du lieu
« Angleterre ». Et puis nous sommes sortis et
avons repris notre programme : aller voir les feux d'artifice de la
« Bonfire Night », célébration
d'un attentat avorté sur la personne du gouvernement
britannique. Rien ne nous prédisposait à assister à
un tel spectacle. Je m'attendais au feu d'artifice moyen du 14
juillet, mais ça n'avait rien à voir.
C'était
féérique. Combien de fois j'ai cru voir le bouquet
final? Six, sept peut être. Et c'est là, en pleine
béatitude, que j'ai eu l'idée d'écrire ce
chapitre. J'ai trouvé ce qui ne pouvait être dit. C'est
trop petit et trop éphémère pour être
attrapé, comme une étincelle de feu d'artifice. Ce sont
de petits plaisirs, de petits instants de plénitude. Comment
raconter un feu d'artifice? Comment raconter la féérie
de chaque étincelle? Je ne le peux pas, je n'ai pas assez de
délicatesse pour cela. Et nous en venons aux oeufs. Il y a
quelque jours, je faisais une omelette aux pommes de terres frites,
oh, que c'est franchouillard comme plat... et en me saisissant d'un
oeuf, il m'a explosé dans la main. Trop fragile. Je ne suis
pas assez délicat avec ma vie, j'essaie de la saisir dans ma
main puis dans la poële de ce blog, pour enfin vous la servir.
Mais je ne sais pas faire. Tous ces moments que je vous livre, ce ne
sont que des étoiles de jaune d'oeuf répandues ici. Et
qui sont censées représenter des feux d'artifice.
Après
le feu d'artifice, Ale, Mathilde et moi sommes allés manger un
Fish'n'Chips, sauf qu'Ale n'aime pas le poisson et Mathilde était
plus séduite par le poulet. Puis nous sommes allés au
pub pour continuer à discuter. C'est peu intéressant,
banal pour vous peut-être mais pour moi, c'était un
petit moment de bonheur.
Little cacophonies.. |
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21:54 - 13/11/2007 -
:)
La vie est faîte de petits plaisir propre à chacun. Continue de nous faire partager les tiens :)
Misa - 23:28 - 18/12/2007
of eggs and fireworks
j'adore le titre de ce post et j'adore les petits moments de bonheur ... bises Mat
sun_and_shadow - 10:47 - 25/11/2007
Commentaire sans titre
Comment raconter la feerie
de chaque etincelle? Je ne le peux pas, je n'ai pas assez de
d�licatesse pour cela. Et nous en venons aux oeufs. Il y a
quelque jours, je faisais une omelette aux pommes de terres frites
oooh maï gaaaaad, si ca c'est pas une transition a la mat'!!! ou...l'art de passer du coq a l'ane sans que ca saute aux yeux (les pommes de terres, hin)
guitoune - 16:32 - 22/11/2007
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