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Hex-Mex | Bloguez.com

Teachings - Des leçons

 

(longue absence, je le sais... cet article est écrit depuis déjà plus d'une semaine, et le voilà, enfin je l'ai tapé et posté.)

Travailler avec des élèves faibles est une expérience à laquelle je en m'attendais qu'à moitié : je ne sais pas pourquoi, mais je m'imaginais bosser sur de la littérature – sûrement un présupposé dérivé de mon parcours personnel – mais non, il fallait prendre les connaissances à la racine de la langue. Le plus souvent c'est le B-A BA que j'enseigne et, croyez-moi ou non, parfois c'est plus que satisfaisant. La raison en est sûrement qu'on voit les progrès de ces élèves-là : pour peu qu'ils y mettent du coeur, ils repartirion du cours le sourire au lèvres, contents d'avoir accompli le cours. En fait, les plus jeunes sont les apprenants les plus motivés : une curiosité sans limite les mène à me poser une avalanche de questions.
Ce qui me frappe le plus, c'est qu'être prof de langues relève plus de la démarche artistique que du défi grammatical : les règles, ils les retiennent si seulement ils ont le goût d'apprendre. Et plutôt que de les bourrer d'exemples et d'exceptions, c'est ça qu'il faut stimuler en eux.
Par exemple, j'ai eu l'occasion de travailer avec une très, très mauvaise élève, en particulier. Charlie est en seconde (Year 11) et elle ne sait rien dire à part « Je m'appelle C., j'ai 15 ans, j'habite à Hull ». Et elle doit faire des rédactions à propos de ses loisirs, de son environnement social, vous imaginez? Après une heure de travail, nous avions écrit... quatre phrases. Mais elle est repartie heureuse : nous avions révisé les bases (les négations, comparées à un sandwich et les opinions j'aime/je n'aime pas, associées au prénom Jamie pour avoir un moyen mnémotechnique) et elle m'a dit : « Uh, you've put me into French again » soit « Ah, vous m'avez donné envie de me remettre au français, c'est malin... »
Mais c'est un palliatif. Elle n'aura jamais son exam, et elle comme moi le savons pertinemment. Alors, parfois, j'ai plus l'impression de jouer les aides psychologiques que les professeurs rigoureux. Un élève heureux et bien dans sa peau, c'est aussi bien qu'un élève qui apprend.
Parlons à présent de Scott. Autre lycée, même âge. C'est un élève type : premier de classe malheureux, il m'a exprimé via une de ses rédactions (celle sur sa personne favorite) qu'il était amoureux d'une de ses camarades, mais que ce n'était pas réciproque, « car il est laid ». Oui, il a employé ce mot amorphe, cloaqueux pour se définir. Je n'ai pas cherché à le décourager. Ou était l'intérêt de lui dire qu'il avait écrit quelque chose de déprimant? J'ai préféré lui dire que c'était un excellent travail – à contrecoeur.
Je règle des histoires d'adolescents boutonneux, ai un rôle discutable. Dans une école, j'aide plus le prof que les élèves, mais ça lui permet de mieux faire son travail... donc c'est mission accomplie pour moi aussi ! Je ne peux pas tirer de conclusions sur ma réelle position, je ne peux que me poser la question fatidique : « qu'est-ce que je suis? »

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01:07 - 20/4/2008 - Commentaires (3) - Poster un commentaire


Of Wings and Backpoints – Des Ailes et des Retours

 

J'ai dit ce que je pensais de cette année « chrysalide », et c'est assez signifiant, mais le temps que je vais passer ici est juste de neuf mois. Neuf mois, comme une gestation. Mais une gestation pour quoi? Franchement, j'avoue que le sujet est peu clair pour moi. A mon avis, c'est ma chrysalide, moi qui suis en gestation. Métaphoriquement, j'étends mes ailes. Je les étends jusqu'à ce que je trouve la limite, et me rendrai compte avant l'heure que je ne suis pas allé au maximum. Je n'aurai pas cette envergure superbe de l'aigle, de l'albatros ou de l'humain, mais j'aurais étendu mes ailes de mon mieux, c'est ça qui compte vraiment. Mais l'élastique du temps me ramènera à la réalité, et toutes mes appréhensions perdront pied, toute ma peur du vide cessera, je remonterai en espérant que mon retour à la terre ferme se fera sans problème.
Il y a quelque chose de fondamentalement angoissant dans le fait de quitter sa vie pour ouvrir une parenthèse de neuf mois. Tout quitter, c'est l'épreuve, mais en même temps c'est aussi toute la beauté de la chose, et, croyez-moi, l'ancien ici me manque. Il m'a fallu rentrer pour revoir des amis de Lyon, pour revoir de la famille, pour revoir chez moi. Et c'est tellement insatisfaisant... Déchiré entre deux monde, on part sans attaches, mais le tout est de bien prendre ce vol (plané et sécurisé) et ensuite, tout va bien.

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00:41 - 22/2/2008 - Commentaires (2) - Poster un commentaire


Time Passes

 

Fier de mon allusion à Woolf, je vais vous raconter mon temps (hors travail, bien entendu) mais je n'aurai pas sa prétention stylistique, ni sa force d'évocation...
Le thé ou le chocolat chaud sont d'importants moments dans ma vie. Ils sont le symbole d'une paix intérieure, et aussi que je prends le temps d'aller lentement, chose nécessaire à mon bien-être (parfois). On va encore se gausser de moi, me dire que je suis un papy, mais croyez-moi, ça n'a rien de l'habitude et tout du plaisir gourmand. C'est ma manière à moi de suspendre le temps, de me recentrer sur moi-même. En rentrant de cours, le chocolat chaud m'évoquera ceux que je prenais étant enfant, après de longues balades en hiver dans la neige... Le thé est quant à lui plus studieux. C'est ma « boisson rituelle du travail », car, malgré sa réputation, elle m'apaise. Thé égale écriture, souvent...
J'écris beaucoup, d'ailleurs. Peu de pages, mais le temps que j'y passe est conséquent et mérite que l'on s'y attarde. C'est une partie importante de ma vie. Je me suis même essayé à écrire une nouvelle en anglais, poussé par ma propriétaire Daphne et par ma méfiance envers moi-même : elle désirait me lire, mais me traduire paraissait trop aléatoire. J'aurais tout changé, n'aurais respecté aucune règle. D'ailleurs, je ne traduirai pas moi-même cette nouvelle ! Malgré mes mille fautes d'usage, cette nouvelle était bonne ! En parlant de Daphne et de Peter (D&P G, si vous vous souvenez du début), je passe souvent chez eux pour discuter de tout et de rien, du temps, de littérature et de cinéma, de relations, de travail, bref, j'ai avec eux des relations plus amicales que je n'en ai jamais eues vis à vis de mes propriétaires précédents, à savoir l'Etat et Mme J.M...
A mesure que le temps passe je m'imprègne du pays, prends la langue en main. J'apprends moins de choses qu'à l'université, certes, mais ce que je gagne au niveau humain est inestimable. C'est une année chrysalide : je forge des tas de choses de tous côtés, mais au final, je n'ai rien besoin de faire, travail excepté. Quand je vais ou ne vais pas au ciné, rien ne m'y oblige. Vous me direz « En France non plus hein ! », ce à quoi je vous réponds d'avance « Eh bien si! »... Parfois quand on sort entre amis on ne va pas voir Mémoire de nos pères d'Eastwood, ou je ne sais quel film. Non, on fait un compromis et on va voir le dernier Spiderman ou alors une comédie niaiseuse (qui a dit « Le Camping »?). Je n'ai rien contre les comédies ou les comics, mais tant qu'à faire, autant voir des films intéressants ou vraiment satisfaisants.
J'ai tout de même trouvé des trucs pour me sortir du cocon « prof de langues ». Par exemple le weekend je vais parfois dans un magasin de jeux « exotiques », à savoir jeux de rôles, de figurines, ou de cartes à collectionner. Et je joue à un de ces jeux de cartes à collectionner. Et je peux vous dire que déjà que l'argot du jeu n'est pas plaisant, il faut en plus me taper l'accent problématique des jeunes : haché, rapide, souvent prononçé. (exemple pratique en franglais : je te tarfire ta bestiole, et je t'attaque avec Bobby équipé d'une jitte. (Vous avez compris quelque chose?)) (exemple pratique de l'accent des jeunes vis-à-vis de celui des vieux : le vieux dira « ou » pour un son « o » accentué. Le jeune, lui, sera plus dans le registre de la purée de céleri : il aura tendance à prononcer (ou pas) ses consonnes et d'uniformiser dangereusement ses voyelles. Ainsi butter devient « bedde » voire « be[dl]e », le d et le l fusionnant en un gargouillis inepte. Et ainsi de suite.) De plus, impossible de trouver un frenchie ni même un étranger dans la zone, je me sens vraiment immergé ! Et parfois c'est dur de se faire comprendre quand on ne retrouve plus ses mots, qu'on perd son latin parce qu'on est concentré sur sa partie de cartes... Bref, le paradis de mon anglais ! (et le mouroir de mes neurones)
Je parcours la ville à vélo, ce qui ne me fait pas de mal, et m'assure des nuits paisibles. Et le soir, je sors avec des assistants, souvent. Les mardis soir, un pub proche de chez moi propose des concerts de rock et de rock alternatif, alors c'est devenu une tradition : on va au Linnet & Lark, parce que la musique y est agréable, mais souvent trop forte, bien entendu. Je rencontre principalement les autres assistants le soir, à l'exception de Tiphaine, une normande au caractère de cochon – et elle n'hésitera pas à me martyriser dès qu'elle saura que j'ai écrit ça. (Ironiiiiiie !) Nous faisons parfois un peu de squash le mercredi, histoire de nous décharger de tout pendant une heure et demie. Il est vraiment agréable de ne plus penser à rien qu'à cette balle, qu'au mouvement rapide et puissant du bras, et... de rater ladite balle ! Je préfère bien sûr nos échanges endiablés qui nous mettent hors d'haleine...

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22:45 - 17/2/2008 - Commentaires (1) - Poster un commentaire


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Un voyage d'un an en Angleterre.

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